09 août 2022
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Les patrouilles citoyennes pour veiller sur les forêts, biens communs à Madagascar

Patrouilleurs - forets - madagascar
Franckline (à droite), patrouilleuse et pépiniériste

Les patrouilles citoyennes pour veiller sur les forêts, biens communs à Madagascar

Sur l’île de Sainte-Marie, à Madagascar, les équipes du Gret Madagascar soutiennent les habitant.e.s et leur association la Plateforme de Concertation et d’Appui au Développement Durable de l’Ile de Sainte Marie (PCADDISM) dans leur volonté de protéger et restaurer la forêt, zone particulièrement riche en biodiversité. Des patrouilles citoyennes ont ainsi été créées pour lutter contre le défrichage et le vol de bois de qualité dans la forêt de Kalalao. Rencontre inédite avec trois de ces gardiens et gardiennes de cet écosystème.

« Je ne peux pas vous dire ni où ni quand nous choisissons de patrouiller, ce serait trop facile pour les contrevenants ! » dit en plaisantant Franckline, une des 21 patrouilleuses et patrouilleurs du village de Maromandia. « Nous patrouillons environ deux fois par mois, à plusieurs, car parfois cela peut être délicat quand nous tombons sur des personnes mal intentionnées ». Franckline est à la fois patrouilleuse volontaire et pépiniériste de plantes autochtones, deux activités orientées vers la protection des forêts. « Je vendais déjà des plantes autochtones, mais aujourd’hui, le programme de reboisement du projet Tsara Kobaby nous apporte un petit soutien dans la production de plants forestiers destinés à la restauration de la forêt de Kalalao. C’est une fierté de participer au reboisement avec des plantes d’ici, je sais que la forêt est primordiale pour bénéficier de l’eau et d’un air pur. C’est pour cela que lorsque j’ai entendu parler des patrouilles, je me suis tout de suite impliquée car cela fait écho à mon travail. »

Site de reboisement  - forêts - Kalalao
Site de reboisement dans la forêt de Kalalao

Associer la population à la préservation des forêts …

D’autres villageois, qui dépendent des forêts pour survivre, ont décidé de participer à ces patrouilles forestières, comme c’est également le cas de Franco et Firmin. En échange de ces patrouilles, le Gret et la PCADDISM les ont appuyés dans le développement d’une activité génératrice de revenu qu’ils ont choisie. Ainsi, Franco s’est lancé dans la production de clous de girofle et Firmin dans la culture de la vanille et l’élevage de canard. « Quand on rencontre une personne qui défriche, on lui explique pourquoi c’est un problème et on remplit la fiche de patrouille qui est remise au Gret. L’ONG l’envoie ensuite à l’agent de cantonnement forestier qui va constater l’infraction et décider d’éventuelles sanctions. Parfois, les preuves sont insuffisantes mais souvent, rien que le fait d’être convoqué les décourage de recommencer. », indique Franco. Le Gret et la PCADDISM organisent également des séances de sensibilisation dans les villages pour expliquer aux populations l’importance de la préservation des écosystèmes. Ils interviennent également auprès de la Direction Régionale de l’Environnement et du Développement Durable (DREDD) et du ministère de l’Environnement malgache : « Dialoguer avec les autorités malgaches est fondamentale pour assurer l’ancrage institutionnel des actions de protection de la forêt. Par ailleurs, nos actions s’inscrivent dans le cadre de la politique nationale visant à faire de Madagascar une « Ile verte » en reboisant 750 000 Ha par année » indique ainsi Jean de Dieu, Président de la PCADDISM.

…Et demain à la gestion d’une aire protégée marine et terrestre

Toutes ces activités sont mises en place dans le cadre du projet Tsara Kobaby, mené depuis 2019 par le Gret et l’association locale PCADDISM. Afin d’enrayer le processus de déforestation, le projet soutient les acteurs locaux dans la mise en place d’actions de conservation et de restauration écologique des écosystèmes de Sainte-Marie (les forêts mais aussi récifs et mangroves). À moyen terme, il est prévu la mise en place d’une aire protégée marine et terrestre qui a été plébiscitée par la population en 2018. Le projet entend étudier les meilleures modalités de gouvernance et de gestion de cette aire protégée où la population, via la PCADDISM, sera en première ligne des actions de protection de la biodiversité saint-marienne.

Ce projet est soutenu par l’Agence française de développement et Maisons du Monde Foundation. Le contenu de cet article relève de la seule responsabilité du Gret et ne peut aucunement être considéré comme reflétant le point de vue de ses partenaires financiers.

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