13 juillet 2022
Ressources naturelles Changement climatique France

Retour aux sources : le Gret et la Commission climat et développement

Le Sommet de la Terre de Rio, en 1992, fut à l’origine de trois groupes de travail mondiaux, les « Conventions cadres des Nations unies » auxquelles ont participé et participent encore la quasi-totalité des pays du monde. Une première fut dédiée au climat, une deuxième à la biodiversité et une troisième à la désertification. Les membres de ces groupes se réunissent à l’occasion de « Conférences des parties » ou Conférence Of Parties en anglais, abrégé en COP. C’est en 1997, lors de la COP5 à Kyoto, que le Protocole de Kyoto fut signé, avec l’ambition de limiter les émissions de gaz à effet de serre des pays développés. Cependant, à la vue des contraintes imposées et de la frilosité de certains signataires, il a fallu huit ans pour que le Protocole entre en vigueur, en 2005. Alors que l’action des Etats cherchait un second souffle, Al Gore, l’ancien vice-président américain, diffusa en 2006 le documentaire « Une vérité qui dérange » afin de lancer une alerte mondiale, à destination des Etats, des entreprises, des citoyen·ne·s, des territoires…

Une commission dédiée au sein de Coordination Sud

C’est dans ce contexte international qu’en 2007, le Gret lança un sondage au sein des membres de Coordination Sud pour mener un état des lieux de la prise en compte du changement climatique par les ONG françaises. Après avoir débattu des conclusions du sondage, sept ONG initièrent la Commission climat et développement (CDD) de Coordination Sud. En 2010, l’Agence française de développement co-finança le premier Projet d’appui à la mobilisation des ONG françaises pour le climat (Pamoc) afin de renforcer les travaux de cette Commission. La CCD a ainsi notamment permis de structurer la participation des ONG françaises lors de la COP21, organisée à Paris en 2015.

A cette occasion, l’Accord de Paris sur le Climat fut signé pour remplacer le Protocole de Kyoto qui arrivait à son terme et qui n’impliquait pas l’ensemble des pays (notamment le Canada et les Etats-Unis, parmi les plus gros pollueurs). Contrairement au protocole de Kyoto, l’Accord de Paris, lui, actait une vision à long terme : limiter le réchauffement climatique à 2°C voire 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle, et invitait chaque pays à définir souverainement sa contribution à cet objectif commun. La lutte contre le changement climatique était enfin relancée.

Suite à cette nouvelle dynamique, la Commission climat et développement, coordonnée à l’époque par le Geres, a continué à stimuler et améliorer l’intégration des enjeux climatiques dans les projets de développement.

Commission climat : une diversité d’actions

Au-delà des plénières trimestrielles, l’action de la Commission climat et développement passe par plusieurs leviers. Tout d’abord, elle produit des connaissances à travers des Notes de Sud par exemple. Mais elle a aussi vocation à faire monter en compétences les différents acteurs de la société civile au « Nord » comme au « Sud ». La CCD vise également à capitaliser les méthodes et initiatives de ses membres à travers des temps d’échanges et des études, sur le suivi évaluation par exemple, la Responsabilité sociétale des organisations ou l’adaptation. Enfin, en lien étroit avec le Réseau Action Climat, la CCD mène un plaidoyer technique, à travers notamment la publication d’un Baromètre sur les enjeux croisés « climat, genre et énergie ».

Depuis janvier 2022, douze ans après sa création, le Gret a repris la coordination de l’animation de la CCD. Les prochaines activités – en cours de structuration – s’articuleront autour de deux principaux fils conducteurs : stimuler la sobriété des activités des ONG et renforcer l’intégration du climat dans les projets sectoriels afin de contribuer, collectivement, à la mise en application de l’Accord de Paris et à l’urgence réexprimée par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

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