One Health
Promouvoir une approche de la santé globale à l’échelle territoriale en Guinée forestière
Projet de terrain

Le projet One Health en quelques lignes

Le concept « une seule santé » (en anglais One Health) promeut une approche intégrée, systémique et unifiée de la santé publique, animale et environnementale, notamment face au développement de maladies zoonotiques à potentiel épidémique. Les zoonoses sont des maladies et infections dont les agents se transmettent naturellement entre animaux et humains.

Au sein de trois communes rurales de la préfecture de Nzérékoré en Guinée forestière, regroupant 42 500 habitant·e·s, le Gret et la Maison guinéenne de l’entrepreneur (MGE) accompagnent, au travers du projet One Health, les ménages, les villages et trois plateformes communales « Une seule santé ». Objectif ? Prendre davantage en compte les enjeux de santé globale du territoire, à la fois dans les pratiques agricoles, alimentaires et de gestion des ressources, mais aussi au sein des mécanismes de gouvernance locale et des espaces de dialogue multi-acteurs.

Le projet One Health est prévu pour une durée de trois ans. Il est en adéquation avec le Plan stratégique national « Une seule santé » (2019-2023) élaboré par le gouvernement guinéen suite à l’épidémie de maladie à virus Ebola en 2015, dont la zone du projet a été l’épicentre.

A lire

« Mise en œuvre du concept One Health au niveau local : retours d’expériences en Guinée forestière », brochure de fin de projet (janvier 2025)

La brochure présente les objectifs, actions et résultats du projet « One Health » mené en Guinée forestière entre 2021 et 2024. Elle détaille les enjeux de la mise en œuvre du concept One Health au niveau local, ainsi que les solutions mises en place, comme l’agroécologie et la gestion communautaire des ressources naturelles. On y trouve des témoignages, des chiffres-clés et des recommandations pour une approche intégrée de la santé. Enfin, elle met en avant les leçons apprises et les leviers d’un changement d’échelle.

 

 

Une démarche participative, un objectif de résilience en santé globale

Le Gret et la MGE s’appuient sur leur connaissance de certaines filières très présentes dans la zone (riz, huile de palme, porc) pour y explorer, avec les acteurs concernés, les enjeux de santé globale qui y sont liés.

A partir d’un diagnostic multisectoriel et participatif au niveau des trois communes ciblées et des filières concernées, le projet se propose de construire une connaissance partagée des liens concrets entre santé publique, animale et environnementale.

Il accompagne ensuite les acteurs à mettre en place, ensemble, des actions contribuant à une amélioration de la santé globale du territoire et de leur résilience en matière de santé globale, tout en s’interrogeant sur le niveau adéquat de prise de décision. La dimension genre est prise en compte.

 

Une production de connaissances à partager

Ce projet innovant fait l’objet d’un processus de capitalisation. Celui-ci documentera les choix faits tout au long du projet. Il accompagnera les réflexions sur les innovations apportées et sur les conditions de la mise en oeuvre de l’approche « One Health » à l’échelle territoriale.

 

Quels sont les aspects innovants du projet ?

>    L’adaptation de l’outil de conseil à l’exploitation familiale pour favoriser l’intégration des enjeux « One Health » et de genre dans la prise de décision au niveau des ménages.

>    La promotion de techniques de production et de transformation agroécologiques répondant concrètement aux enjeux de santé écosystémique, animale et humaine.

>    Le recours aux outils de planification et de suivi de l’usage des terres et des ressources par une approche par les communs pour assurer l’intégration des principes « One Health » par les comités de gestion des terroirs villageois.

> La recherche de stratégies innovantes de financement durable pour les plateformes communales « Une seule santé ».

> La conduite d’un dialogue pour assurer une représentativité effective des femmes au sein des plateformes.

Des résultats concrets

Grâce à ce projet, des professionnels de santé et les communautés ont élaboré une vision commune d’un territoire « en santé ». Les communautés ont également été accompagnées dans la transition agroécologique de trois filières particulièrement à risque : le riz, l’huile de palme et l’élevage porcin. Des changements concrets ont été observés, tels que la réduction des produits phytosanitaires près des habitations, l’adoption de pratiques agroécologiques et de meilleures pratiques d’élevage ou encore la diminution de la coupe abusive du bois.

Jean Delamou, représentant des planteurs de palmiers à huile et secrétaire du comité de gestion villageois de Gouécké témoigne : « Nous avons été accompagnés à gérer nos ressources nous-mêmes, par le dialogue ».

Des formations et des sensibilisations ont été menées par des professionnel∙le∙s de santé et des relais communautaires. L’approche du projet, impliquant les citoyens et les citoyennes a permis de faciliter le travail des agent∙e∙s de santé communautaire. « Avec Ebola, il y avait eu une rupture entre les agents de santé et la population. Avant le projet, l’accès aux communautés était difficile. Maintenant, c’est plus facile de faire passer les messages sanitaires », indique Mamady Kaba Diakité, agent de santé à Gouécké.

Le Gret et la MGE ont contribué à renforcer la résilience des populations en matière de santé globale, grâce à la mobilisation des ménages, des villages et des communes. Les communautés ont démontré leur capacité à agir à leur échelle. Toutefois, « certaines actions nécessitent des moyens humains, techniques et financiers conséquents et la pérennité des cadres de concertation, véritables relais opérationnels des populations et des pouvoirs publics, doit être assurée », alerte Claire Costis, en charge de la thématique One Health au Gret. « Les autorités des différents échelons du pays doivent pouvoir se saisir des enjeux de santé tels qu’ils sont perçus localement et mettre les moyens nécessaires à leur prise en charge effective tout en soutenant les initiatives communautaires ».

Partenaires du projet