23 janvier 2023
Systèmes alimentaires Economie sociale Filières agricoles Asie du Sud-Est

Indications géographiques : quels impacts sur les revenus des petits producteurs, le climat et la biodiversité ?

Actualité
@J.-M. (Arte-Fact) / ©AFD

L’utilisation des marques d’origine a une longue histoire. Les producteurs et les consommateurs sont familiers de produits tels que le jambon de Parme, le thé Darjeeling ou encore le Champagne. C’est un sujet sur lequel le Gret travaille depuis bientôt 20 ans. Il a accompagné, entre autres, la reconnaissance en tant qu’indications géographiques du poivre de Kampot au Cambodge, celui de Penja au Cameroun ou encore du riz Khao Kai Noi au Laos.

Les indications géographiques sont des signes officiels de qualité et d’origine d’un produit. Ils sont considérés par l’Agence française de développement (AFD) comme “une voie possible de différenciation, de meilleure valorisation et de protection des dénominations des produits agricoles et agroalimentaires” pour les pays en développement.

L’AFD intervient ainsi depuis 2007 en faveur des indications géographiques avec 18 projets dans plus de 16 pays, principalement sur des filières agroalimentaires d’exportation. Le Gret, mandaté par l’AFD et le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM), a réalisé une évaluation transversale de projets déjà évalués et de trois projets récemment clos. Les conclusions de ce travail seront restituées le 7 février à l’occasion d’une conférence en ligne organisée par l’AFD, à laquelle participera Damien Lagandré, représentant régional du Gret en Asie du Sud-Est.

L’évaluation indique qu’au-delà des appuis institutionnels qui s’avèrent relativement efficaces, deux principaux objectifs ont été recherchés dans les appuis aux filières IG : pénétrer de nouveaux marchés à l’export et augmenter les revenus des petits producteurs. Si la pénétration de nouveaux marchés exports est possible – mais néanmoins rare et complexe –, l’impact global sur une augmentation équitable des revenus des petits producteurs pose question.

En effet, les projets « filières de qualité » exigent des appuis de proximité à des groupements de producteurs, de manière continue sur la durée. Les signes de qualité à promouvoir doivent être choisis par les groupements sur la base d’études de marché, au cours des projets et non à l’avance par des experts extérieurs.

Enfin, le choix des filières est fondamental pour assurer un impact positif sur le climat et la biodiversité. Les filières d’exportation de produits frais par avion ou sans contrainte écologique dans leurs cahiers des charges ne devraient plus être financées par l’AFD.

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